Ça faisait quand même un temps que j’étais là. J’avais la tête qui ne reconnaissait plus le nord, plus vraiment de point de repère en fait. Des jours, des mois… voir des années, je ne sais plus vraiment, quand tu étais là, tu m’orientais, tu me remettais les pieds sur terre, tu m’attachais, m’enlaçait, sans arrêt. Je sentais le temps passé, doucement, sur ton visage, parce que je te faisais trop sourire, j’aimais ça. Là, la solitude du temps qui pèse m’écrase dans ma cellule, seul vaisseau pour je ne sais où. J’ai appris à me comprendre, à te pardonner de ne pas être là. En fait, ce n’était pas ta faute, je n’avais pas de place. J’ai pris un calepin en guise de toi, un crayon, pour t’écrire des lettres que tu ne liras peut-être pas, je ne sais même pas si je te reverrai. Tu sais que je suis parti sans un autre choix que celui-ci. Je devais partir, c’était peut-être mon unique chance. Seras-tu là à mon retour, reviendrais-je? Ici tout est vaste, tout est vide, tout est noir. Tout est comme moi en fait, j’ai l’impression d’être fait pour cet espace. On ne m’a pas dit vraiment où je m’en allais, mais j’ai toujours voulu, c’est ce que je disais quand j’avais cinq ou six ans, je veux être astronaute. De toute façon, je ne les aurais pas compris, moi le russe, je ne connais que les Da, Niet et autres composants de salutation simple souvent lier à l’alcool. J’ai pris en cachette les dollars d’argent appartenant à mon père, je les ai mis dans ma poche, sous ma combinaison. C’est en fait celles qu’il m’a laissées en quittant lui aussi, pour son voyage, je ne sais pas si je le reverrai un jour, ma nièce disait qu’il était la lune, je ne l’ai pas vu. J’ai arrêté mon voyage, à quelque reprise, le temps d’une pause, de refaire les ravitaillements dans les différents points d’ancrage éparpillés dans une galaxie qui est beaucoup trop vastes et en voie de développement. Chaque fois que j’ai arrêtée, j’ai déposé dans l’espace un dollar d’argent, en suspend dans l’univers, bien placé pour que le soleil y reflète, bien en place pour que tu puisses les voir. J’ai pris la peine de viens les polir avant de partir. Le soleil sur de l’argent, une étoile dorée pour toujours de regarder, pour que tu saches que je pense à toi, pour que tu saches où je suis, à jamais dans l’univers. Quand quand je prends ce temps pour t’écrire, j’ai l’impression d’être avec toi et je m’ennuie terriblement.
Sujet : Vous êtes un astronaute, décrivez votre journée parfaite.<
P.-S. Pour une meilleure compréhension, lire en prenant en considération que le narrateur est mort.
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